Cette française de 27 ans est à la tête de PLAY International, la seule ONG tricolore présente au Kosovo. Sa mission, faire dialoguer les différentes communautés du pays grâce au sport.

« Ici, on ne se parle pas », déplore Ana Larderet, responsable au Kosovo de PLAY International, anciennement Sport Sans Frontières. L’association française agit dans le pays depuis 2002 et promeut le sport comme outil de réconciliation entre les peuples.  » C’est la seule ONG ici qui s’adresse à toutes les communautés sur le long terme. A PLAY International, beaucoup de gens côtoient d’autres communautés que la leur pour la première fois de leur vie ».

Un stage en Afghanistan qui a tout changé

Lorsqu’on lui a proposé, début 2015, d’aller travailler comme cheffe de projet au Kosovo, la jeune femme n’a pas hésité. Ses études « très théoriques » à Sciences Po Paris ont sans doute pesé dans sa décision. Tout comme ce stage en Afghanistan en 2012 où elle a rencontré la responsable pédagogique de Play International-Paris. « J’étais perdue professionnellement et la mission que s’est assignée Play International m’a fait rêver, raconte Ana Larderet, elle-même originaire des Balkans. Le sport, c’est un moyen d’accrocher tous les profils et de créer des liens entre eux. » 

Dans un pays qui mêle Serbes et Albanais, mais aussi Ashkalis, Bosniaques, Turques, Roms, Egyptiens, et d’autres communautés, le message prend tout son sens. « Nous recrutons des jeunes de toutes les communautés et nous les formons à l’animation socio-sportive, décrit-elle. Ils se rendent ensuite dans différentes villes pour organiser ensemble des événements sportifs pour des enfants de 8 à 12 ans. »

Play International pourrait se déployer en Macédoine

Concrètement, l’association agit dans douze villes et réunit 2500 enfants par an pour des « jeux collaboratifs non compétitifs » (ndlr: des jeux auxquels tout le monde peut participer). Une mission pour laquelle Ana Larderet cumule les fonctions de cheffe de mission, gestionnaire administrative, communicante et DRH. « Nous ne sommes qu’une dizaine et le budget ne représente que 150 à 200 000 euros« , précise-t-elle.

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Dans ce Kosovo qu’elle décrit comme « fascinant, stable, mais à fleur de peau », la mission d’Ana Larderet prendra fin en février 2018. A moins qu’elle ne rempile pour aboutir quelques projets, parmi lesquels celui de répliquer l’activité de PLAY International, en Macédoine notamment. « Nous avons établi les premiers contacts, il s’agit maintenant de trouver des financements », explique la française, pour qui le sport peut encore faire beaucoup dans une région fracturée par les tensions communautaires.

L’ONG PLAY International

PLAY International, anciennement Sport sans frontière jusqu’en 2014, est une ONG française qui utilise le sport comme moyen de reconstruction psychologique et de réconciliation depuis 1999. Elle a agit par exemple en Haïti après le séisme de 2010. L’ONG est à la tête de missions au Burundi, en Afghanistan ou au Kosovo, le seul pays des Balkans.

Aujourd’hui, PLAY International souhaite élargir son champ d’intervention hors du secteur humanitaire en intervenant également dans les pays dits « développés » : en France, au Royaume Uni ou encore au Brésil.

Cette nouvelle stratégie doit permettre à l’ONG de multiplier par 10 le nombre de ses bénéficiaires d’ici la fin  2017.

Alice LEFEBVRE & Basile DEKONINK 

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