©Samson Thomas – ECPAD

Interception d'un train serbe

Le 23 août 1999, les militaires français du BIM (Bataillon d’Infanterie Mécanisée) aidés par des gendarmes procèdent à l’interception d’un train, emprunté majoritairement par les Serbes.

Nous sommes à Svinjare (à 3km au sud de Mitrovica) une enclave serbe dans le nord du Kosovo. Encore aujourd’hui, des morceaux de territoire sont peuplés uniquement par les Serbes, avec leur livre, leur alphabet dans les rues, comme à Gračanica.

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Le train contrôlé ici par le contingent français effectue deux fois par jour la liaison Lesac-Pristina dans les deux sens. Selon les informations militaires, le train est suspecté de servir de moyen d’acheminement à certains trafics tels que la drogue, les armes, les cigarettes ou encore les objets volés.

Ce matin-là, très tôt, gendarmes et militaires fouillent de fond en comble l’intérieur du train. Aucun trafic n’est retrouvé, aucune interpellation ne sera effectuée. Dans le même temps, cette opération donnera aux gendarmes l’occasion d’enregistrer l’identité de tous les passagers.

Le lendemain, le train sera placé sous haute surveillance avec un groupe militaires spécialement chargés de la sécurité du convoi.

En mars 2004, des émeutes surviennent un peu partout dans le pays. Le village enclavé sera totalement rasé par la population albanaise et deviendra ce que l’on appelle un « village fantôme ». A l’origine des troubles de 2004 : la découverte de trois corps d’enfants d’origine albanaise noyés, puis la propagation par certains médias de la rumeur selon laquelle, ils auraient été poussés dans l’Ibar (le cours d’eau de Mitrovica) par des Serbes. La rumeur enfle jusqu’à se transformer en une « explosion » ethnique.

3 jours d’émeutes et un bilan de 25 morts, 867 civils blessés, 286 maisons incendiées, 30 églises orthodoxes détruites ainsi que 11 monastères.

Partenariat ECPAD

L’ECPAD est un centre d’archives et de production audiovisuelle,  sous la tutelle du ministre des Armées. Il témoigne de l’engagement de l’armée française sur les conflits.  Ses équipes de reportage sont présentes sur tous les théâtres d’opérations dans le monde.

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