Entre traditions ancestrales et nature sauvage, voici cinq anecdotes à savoir sur la plus jeune république d’Europe.

> Le champ des merles

En 1389, les princes serbes ont été battus par l’armée ottomane à Kosovo Polje. ©Creative Commons

Le pays doit son nom à une bataille. Connue sous le nom de Kosovo Polje, elle opposa les princes serbes à l’armée ottomane au XIVe siècle. Elle est finalement remportée par les Ottomans, et signe le début de cinq siècles d’occupation turque.

« Kos » signifie « le merle » en serbe, tandis que « -ovo » le suffixe d’appartenance, Polje, « le champ ». On obtient donc le champ des merles.

Aujourd’hui, on ne croise plus beaucoup de merles mais surtout des grosses corneilles, très nombreuses à la tombée de la nuit à Pristina. Gare aux nuées d’oiseaux qui s’abattent sur les rues.

Dans la littérature, on parle souvent du Kosovo comme d’un « champ », du fait de ses paysages très verts.

Peć, à l’est du Kosovo, porte du parc naturel de Bjeshkët e Nemuna. ©Adriatik Kelmendi

Verts parce qu’il y a plus de 80 zones naturelles protégées, ce qui est conséquent pour un pays aussi grand que l’Île-de-France ! Parmi ces espaces, on compte des montagnes – dont le plus haut sommet se situe à 2 656 m d’altitude -, des grandes plaines, des rivières (le plus long fleuve est le Drin) et des lacs (10 km2 pour le plus grand !).
Et le Kosovo est aussi rural puisque l’agriculture est la principale économie.

C’est donc une terre sauvage, empreinte d’histoire et surtout très peu fréquentée : le rêve des randonneurs qui veulent sortir des sentiers battus.

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> Arroser avant d’inviter !

On se demande ce que font toutes ces femmes qui, dans la rue, arrosent le trottoir devant leur maison. A croire que c’est un sport national.

Il n’y a pas de saison, été comme hiver, de jour comme de nuit, il est important d’arroser ! La propreté et l’espace privé sont un incontournable de l’hospitalité des Kosovars. Les femmes peuvent passer des journées entières à briquer l’intérieur et l’extérieur de la demeure familiale. Il est d’ailleurs courant qu’on vous demande de retirer vos chaussures en arrivant !

Gare aux chaussettes trouées… Car on vous invite souvent à venir boire un thé russe (çaj rusi) ou un café turc avec des baklavas. Les habitants sont connus pour leur grande hospitalité. La meilleure place est toujours réservée aux invités.

Le rouge, couleur omniprésente, les finitions des maison ne sont pas faites laissant les briques à nu. ©Creative Commons

> Les graines

Des graines de courge, de maïs, de châtaigne, de tournesol… La graine est au Kosovar ce que le chewing-gum est à l’Américain.

De courge, de citrouille, de maïs, de tournesol, les Kosovars raffolent des graines. ©Zepoup

Les vendeurs ambulants sont partout dans les villes avec leurs cornets en papier. Et après chaque rassemblement, on peut estimer le nombre de participants et le temps de la manifestation aux tas d’écorces de graines que l’on retrouve par terre ! Une habitude finalement assez méditerranéenne : les Espagnols sont friands des pitas comme les Portugais mangent des graines de tournesol !

> Ibrahim Rugova et le roman kosovar

Celui qui est considéré comme le fondateur du Kosovo indépendant s’appelle Ibrahim Rugova, un écrivain francophone formé à La Sorbonne.

Homme politique pacifiste, souvent paré de son éternel foulard autour du cou, la presse internationale l’appelle « le Gandhi des Balkans ». Il a présidé l’association des écrivains kosovars avant de devenir le premier président du Kosovo après la guerre en 2002. Gros fumeur, il est mort en 2006 d’un cancer du poumon.

L’ancien président du Kosovo avait introduit le drapeau de Dardanie, nom antique de la région du Kosovo. ©Creative Commons

Les liens entre la France et la littérature des Balkans ne s’arrêtent pas là. Le célèbre écrivain Ismail Kadare, d’origine albanaise, est réfugié en France depuis 1988. Il a écrit Trois chants funèbres pour le Kosovo. L’œuvre retrace l’histoire du pays depuis la bataille fondatrice du Kosovo Polje, à l’appel au massacre dans le Kosovo du dirigeant serbe Milosevic en 1989.

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> Mère Theresa, cette superstar 

Star au Kosovo, Nëne Terezë a entendu la voix de Dieu à Letnicë. ©Creative Commons

La prix Nobel de la Paix a entendu l’appel de Dieu dans l’église de Letnicë, dans l’est du Kosovo.

« Nëna Terezë », comme on l’appelle ici, est connue et adorée de tous les Kosovars. Nombre de rues et de places portent son nom. Pour les habitants, elle incarne les valeurs ancestrales de l’hospitalité au Kosovo. Pourtant, c’est une catholique et la grande majorité du pays est musulman. Mais la religion au Kosovo est une affaire privée. La tolérance et le dialogue interreligieux fonctionnent bien dans ce pays où parfois les membres d’une même famille peuvent être de différentes obédiences.

> C’est cadeau : des ours au restaurant

Il y a des ours sauvages au Kosovo. Jusqu’en 2013, il était autorisé d’en avoir un chez soi, en captivité. Les restaurants s’en servaient comme animation pour attirer les touristes.

Depuis le début de la protection de l’animal emblématique, tous les Kosovars ont dû remettre leur ours de compagnie au Sanctuaire des ours, un parc ouvert au public à quelques kilomètres de Pristina.

Sur trois kilomètres le public peut s’approcher au plus près de l’animal emblématique. ©Gaia SCI Kosovo

Thomas Schnell

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