Les Occidentaux se sont inquiétés vendredi de l’apparente volonté des autorités kosovares de remettre en cause la création du tribunal spécial sur les crimes présumés de responsables de la rébellion indépendantiste (UÇK) en 1998-99.

Toute remise en cause du tribunal spécial, « serait un coup de poignard dans le dos » prévient Greg Delawie, l’ambassadeur des Etats-Unis au Kosovo. Avant d’ajouter sur Twitter que la « décision de révoquer la cour spéciale serait tourner le dos à l’Etat de droit, à l’Europe et aux Etats-Unis ». Vendredi, 43 députés sur les 120 que compte le Parlement kosovar, ont tenté de revenir sur la loi autorisant le tribunal spécial à La Haye de juger les crimes de guerre perpétrés au Kosovo, provoquant de très vives inquiétudes du côté des ambassades occidentales sur place.

Une telle décision « pourrait ruiner » le Kosovo et marquerait « le choix de l’isolement », ont prévenu les représentations américaines, britanniques et européennes à Pristina. Le gouvernement kosovar n’a lui, fait aucun commentaire sur une telle intention alors même que le président Hashim Thaçi, avait récemment critiqué le Tribunal spécial.

Lire aussi  Ce qu’il faut savoir sur le tribunal spécial pour crimes de guerre au Kosovo

Une remise en cause du tribunal « saperait le travail de tous ceux qui se sont battus pour mettre un terme à l’impunité », a jugé l’ambassadrice de l’Union européenne Nataliya Apostolova

Fin novembre, la cheffe du tribunal, la Bulgare Ekaterina Trendafilova, avait expliqué que son instance était prête à « engager les procédures judiciaires » sur les crimes présumés lors de la guerre entre indépendantistes kosovars albanais et forces de Belgrade (1998-99).

Elle s’était gardée de rencontrer le président Hashim Thaçi, le président du parlement Kadri Veseli et le Premier ministre Ramush Haradinaj, trois anciens commandants de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK).  Les deux premiers sont régulièrement évoqués parmi les inculpés potentiels de ce tribunal, qui suivra la loi kosovare mais est installé à la Haye par souci de protection des témoins.

Le tribunal avait été mis en place à la suite d’un rapport de 2011 du Conseil de l’Europe incriminant l’UÇK. Est notamment en cause la disparition de 500 civils, principalement serbes à la fin du conflit. Hashim Thaçi réfute les accusations.

Jonathan Dupriez avec AFP.

Comments

comments