Déjà le dernier jour pour Kosovox avant le retour… Au programme, rédaction d’articles en retard, visite de Mitrovica et découverte de la communauté serbe.

Fini, c’est fini, ça devait certainement finir. La dernière journée de l’aventure kosovare commence par un petit-déjeuner pas piqué des hannetons. La team, encore marquée par la fatigue, se retrouve face à une myriade de gros beignets. « C’est bizarre, ils sont ni sucrés, ni salés », me glisse ma voisine, dubitative. Fourrables à l’envi au fromage de chèvre, à la confiture de prune ou à la purée de poivron, les beignets se révèlent finalement des atouts non négligeables pour affronter nos dernières heures à Mitrovica.

Lestée par ce premier repas, une majeure partie de l’équipe décide de rester à l’hôtel pour avancer dans la rédaction d’articles. Cinq journalistes se dirigent eux vers l’église de Zvečan, où ils ont rendez-vous avec une Serbe originaire de la ville, Valentina. Au programme, visite d’un club de retraités et du cimetière serbe.

Échecs et pierres tombales

Le petit groupe ne se doutait pas que la rencontre serait si riche. Jonathan, Lila, Gwendolina, Florent et Hugo se rendent tout d’abord au club des retraités, guidés par Valentina. Sous l’ombre menaçante de l’usine de Trepča, les retraités serbes jouent aux échecs. Leurs conditions de vie sont difficiles. Ouvriers bien payés avant la guerre, ils se contentent désormais d’une maigre pension.

Le cimetière serbe émeut Valentina aux larmes. Plusieurs membres de sa famille, tués pendant le conflit, sont enterrés ici. Et Valentina n’a guère l’occasion de leur rendre hommage : le cimetière, situé dans la partie albanaise, est difficilement accessible. Il a d’ailleurs été dégradé durant les émeutes de 2004. Le dialogue avec la guide serbe se poursuivra à l’hôtel. « C’était très intense, nous sommes contents de pouvoir continuer à parler avec elle dans un lieu plus neutre », murmure Jonathan.

Le cimetière serbe a été l'un des moments forts de la journée © Jonathan Dupriez

Le cimetière serbe a été l’un des moments forts de la journée. © Jonathan Dupriez

« Même moi qui suis viandard… »

La troupe de Kosovox se retrouve vers 13h pour se restaurer. Au menu : salade grecque, beignets, fourrés au fromage cette fois, imposantes truites rôties et gargantuesques assiettes de viande. « Même moi qui suis un viandard, ça me fait trop », soupire Basile, attablé devant un plat qui n’a de burger que le nom.

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Je quitte la table et l’ombre rafraîchissante de l’hôtel et pars courageusement braver la chaleur de Mitrovica avec Florie. En habitués, nous demandons au taxi serbe de nous déposer peu avant le pont principal de la ville, qui délimite la partie serbe de la zone albanaise. Le chauffeur ne nous aurait pas emmenés plus loin. Nous allons tenter de sonder l’ambiance de chaque rive de l’Ibar.

Le pont de Mitrovica, symbole d'une ville coupée en deux

Le pont de Mitrovica, symbole d’une ville coupée en deux. © Jonathan Dupriez

Pendant ce temps-là, Alice, Anaïs, Basile, Manon, Marc, Sofian et Sophie partent en expédition dans la nature depuis l’hôtel. Au hasard de leur pérégrinations, ils finissent par déboucher dans une clairière croquignolette et s’y reposent. Les articles ont bien avancé durant la journée, même s’il est frustrant de ne pas profiter autant de Mitrovica que nous l’aurions souhaité.

Une visite surprise

Il est déjà temps de commencer à s’inquiéter de l’endroit où la team Kosovox va passer sa dernière soirée. Une partie de l’équipe s’en va réserver un restaurant au bord de l’Ibar, juste à côté du pont symbolique de la ville. Le restant de la troupe, emmenée par un chauffeur de taxi zélé reconverti en guide touristique, part à la découverte du fort serbe de Zvečan, qui surplombe Mitrovica. Hugo, toujours pas rassasié des enquêtes kosovares, se rend sur une colline donnant sur la mine de Trepča pour y interviewer une source.

Tout le monde se retrouve finalement vers 22h pour profiter de notre ultime dîner. Un peu attristés à l’idée de quitter déjà si vite le Kosovo, nous rendons hommage au pays et à leurs habitants. À l’unanimité, nous saluons particulièrement l’accueil des Kosovars. Nous déplorons de ne pouvoir rester plus, alors que nous commencions seulement à saisir les subtilités des relations entre les Serbes et les Kosovars, à nouer des liens avec des étudiants, à nous repérer dans les villes. La nuit sera courte, peuplée des sujets que nous aurions aimé couvrir et des personnes que nous aurions voulu rencontrer. Nous reviendrons.

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Raphaël Marchal

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