Le Kosovo a demandé samedi l’extradition d’un ressortissant israélien. Soupçonné d’avoir été sur son territoire le cerveau d’un réseau international de trafic d’organes, il a été arrêté à Chypre début janvier.

« Je ferai mon possible pour que cette personne qui a, en plus des délits criminels commis, porté préjudice à l’image internationale du Kosovo, soit traduite en justice pour répondre de ces actes », a indiqué le ministre kosovar de la Justice Abelard Tahiri sur son compte facebook.

Moshe Harel, suspect numéro 1

Le suspect, arrêté à Chypre le 6 janvier, est soupçonné d’être le cerveau d’un réseau international de trafic d’organes. Identifié par la presse locale sous le nom de Moshe Harel, l’Israélien aurait organisé plus de 30 prélèvements de reins et transplantations en toute illégalité, dans la clinique Medicus, près de Pristina. A la suite du scandale, la clinique a fermé en 2008.

Les donneurs, recrutés en Europe ou en Asie centrale, se voyaient promettre chacun une somme d’environ 15 000 euros tandis que les receveurs d’organes étaient eux, prêts à débourser chacun jusqu’à 100 000 euros pour recevoir leur greffe.

Un trafic d’organes à échelle internationale

En 2013 déjà, un tribunal européen au Kosovo avait condamné cinq médecins kosovars à des peines allant jusqu’à huit ans de prison pour trafic d’organes au Kosovo, une affaire remontant à 2008 et dont les ramifications se sont étendues à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et jusqu’au Proche-Orient.

La Cour suprême du Kosovo avait annulé en 2016 ce verdict et ordonné un nouveau procès qui est actuellement en cours. L’acte d’accusation désignait Moshé Harel comme étant le cerveau du réseau mais un autre protagoniste, Yusuf Ercin Sonmez, un médecin turc toujours en fuite, était lui soupçonné d’avoir effectué les greffes d’organes dans la clinique.

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Dans un rapport publié en 2011 sur un présumé trafic d’organes organisé pendant la guerre au Kosovo (1998-99) par la guérilla indépendantiste kosovare (l’UÇK, ndlr) le rapporteur du Conseil de l’Europe, Dick Marty, avait évoqué un lien entre ce trafic d’organes lors du conflit et le « cas contemporain » de la clinique Medicus. Un tribunal spécial composé de juges et de procureurs internationaux, mis en place à la Haye à la suite du « rapport Marty », devrait annoncer prochainement ses premières inculpations.

Jonathan DUPRIEZ avec AFP

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