La justice française a refusé la demande d’extradition de Ramush Haradinaj vers la Serbie. L’ancien Premier ministre kosovar, accusé de crimes de guerre par Belgrade, avait été arrêté en janvier dernier.

Ramush Haradinaj ne sera pas extradé vers la Serbie. Du moins pas pour le moment. La justice française a rejeté fin avril la demande d’extradition de l’ancien commandant de l’Armée de libération du Kosovo (UKC). Ce dernier est accusé de crimes de guerre, commis durant le conflit yougoslave, par Belgrade.

Le contrôle judiciaire de l’ancien rebelle a également été levé, a précisé le procureur général de la cour d’appel de Colmar. Le sort de Ramush Haradinaj est désormais suspendu au gouvernement français. Il doit décider s’il se range derrière l’avis de la justice. La fin d’un long feuilleton responsable de la cristallisation des relations entre la France et la Serbie. À la suite de cet ultime rebondissement, Belgrade a rappelé son ambassadeur en France.

Acquitté à deux reprises par le tribunal pénal international

Ramush Haradinaj avait été arrêté le 4 janvier dernier à l’aéroport franco-suisse de Bâle-Mulhouse, dès son arrivée sur le sol français. L’ancien Premier ministre kosovar était sous la menace d’un mandat d’arrêt international émis par la Serbie en 2004. Il est accusé par Belgrade d’avoir ordonné et participé à des assassinats, des actes de barbarie et des viols sur des civils roms, albanais et serbes en juin 1999, durant la guerre d’indépendance du Kosovo. Il dirigeait alors une unité de l’UKC connue sous le nom « d’Aigles noirs ». Le groupe contrôlait alors une zone frontalière de l’Albanie à l’ouest du Kosovo.

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Personnalité controversée, il a déjà été acquitté à deux reprises par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Premier ministre en 2004 et 2005, Ramush Haradinaj est à la tête du principal parti d’opposition au gouvernement d’Hashim Taçi, Alliance pour l’avenir du Kosovo, qu’il a co-fondé en 2001.

Raphaël Marchal

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