10 juin 1999 : les bombardements cessent et les forces serbes se retirent du Kosovo. L’ONU, par le biais de la KFOR, prend alors le contrôle du territoire détruit par la guerre.

Rétablir et maintenir la paix. C’est la première mission de la KFOR (diminutif de Kosovo Force), déployée à partir du 12 juin 1999. La guerre du Kosovo a pris fin trois jours plus tôt et laisse derrière elle un territoire détruit. Au fur et à mesure que la Serbie retire ses troupes, la KFOR prend place. Au total, 50 000 hommes et femmes d’une trentaine de nationalités différentes sont mis à disposition de cette force armée dirigée par l’OTAN et mandatée par l’ONU.

Pascal Dupont était l’un d’entre eux. En 2005, il part au Kososvo au titre de conseiller juridique de la KFOR. Aujourd’hui commissaire des armées, il explique qu’initialement, la mission de l’OTAN, via la Kosovo Force, est de « préserver la paix civile entre les différentes populations ».

L’objectif est double : mettre fin aux exactions et assurer la coexistence durable des communautés serbes et albanaises sur le territoire kosovar. Pour ce faire, la KFOR a également pour mission de s’assurer d’une part, du départ des forces serbes et d’autre part, de la démilitarisation de l’Armée pour la libération du Kosovo (UÇK).

Objectif : sécuriser le pays

Aujourd’hui encore, la KFOR continue d’œuvrer au Kosovo pour maintenir « un environnement sûr et sécurisé » et préserver « la liberté de circulation pour tous ». Avec le temps, l’OTAN réduit son influence dans le pays et le nombre de tâches qu’elle accomplit. En plus de la coordination de l’aide humanitaire, la KFOR travaille avec l’Union Européenne à l’intégration progressive du Kosovo.

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4 600 militaires, issus de vingt-neuf pays, sont toujours engagés au sein de la KFOR en 2017, selon les Nations Unies. La diminution des effectifs a commencé progressivement dès 2002, et la France n’est plus engagée depuis 2014.

Sur le terrain, la KFOR est divisée en cinq unités opérationnelles multinationales, chacune chargée d’une région du Kosovo. Au début de l’intervention, la France était aux commandes de l’une d’entre elles au nord du territoire, comprenant la ville de Mitrovica. Si, au lendemain de la guerre, le rôle de la KFOR est avant tout de sécuriser le Kosovo, sa mission au long terme est de préparer l’avenir du pays et de le mener à l’indépendance.

Une « marche forcée » du Kosovo vers l’indépendance

En 2008, moins de sept ans après la guerre du Kosovo, ce territoire, jusqu’alors une province de la Serbie dans l’ex-Yougoslavie, proclame son indépendance. « A partir du moment où la fédération yougoslave se dissout en 1990-1991, l’idée est de dire que les sept provinces vont devenir des états indépendants », explique Pascal Dupont.

« Ce qui est intéressant au Kosovo, c’est que cette marche forcée vers l’indépendance a été faite sous l’administration de l’ONU. Parce que le Kosovo, qui était un territoire et une population, n’avait pas de gouvernement, n’étant pas un État. » Situation inédite, le Kosovo est le premier pays à accéder à l’indépendance avec l’aide directe de la communauté internationale.

L’ex-Yougoslavie était divisée en sept provinces dont celle du Kosovo (qui faisait alors partie de la Serbie). Après son éclatement, chacune de ces régions est devenue progressivement un Etat indépendant.

Gwendolina Duval

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