Idéalistes, travailleurs, investis, les étudiants en journalisme de Pristina ont une haute image de leur futur métier. Ils ont entre 19 et 22 ans et nous racontent comment ils comptent l’exercer.

L’université de Pristina a son propre département des médias. On y apprend, de la licence au master, le métier de journaliste. D’autres formations y sont proposées comme la communication. Chaque année, une centaine d’élèves s’y inscrivent.

Agnesa

© Manon Gayet

© Manon Gayet

À l’âge où ses copains se voyaient vétérinaires ou pompiers, Agnesa martelait à son papa : « Moi, je voudrais être journaliste ». Il faut dire qu’elle est née avec un micro dans son berceau puisque son père est reporter à la RTK, la Radio-Télévision nationale du Kosovo. Elle connaît les difficultés de ce métier : les places sont chères, les salaires sont bas…  À la fin du lycée, elle a dû choisir entre ses deux passions : la comédie ou le journalisme. Et ses parents l’ont soutenue contre toute attente : « D‘habitude, votre famille vous encourage à choisir le métier qui paie le mieux. » Aujourd’hui, à 22 ans, elle est en troisième année d’étude et ne regrette pas son choix : « Les journalistes ont un vrai rôle à jouer pour consolider encore plus l’indépendance du Kosovo. »

Valbona

© Manon Gayet

Dur, dur d’être une femme journaliste au Kosovo… Pourtant, cela ne fait pas peur à Valbona. À 21 ans, elle n’a pas l’intention de finir speakerine ou miss météo. Séduite par le journalisme culturel, elle a multiplié les stages dans les plus grands médias du pays, de la RTK, à Birn, en passant par KTV. Elle y a découvert le terrain : « Ouah, s’en émerveille-t-elle encore. C’est pour ça qu’on est journaliste. »

Aguerrie par trois ans d’études au département de journalisme de l’université de Pristina, elle veut désormais s’attaquer à la politique pour informer les gens, pour dénoncer la corruption. Cependant, elle le sait, les agressions contre les journalistes sont encore une réalité au Kosovo : « Ça fait peur mais il suffit de savoir si on est passionné ou non. »

Kastriot

© Manon Gayet

© Manon Gayet

Kastriot – vous pouvez l’appeler « Castro » -, est un grand énervé attachant de 21 ans. Il aurait pu devenir ingénieur, mais au grand dam de ses parents, il a choisi le journalisme : « Je déteste la routine. » Il parle l’anglais « fluently », grâce à des heures passées devant les jeux vidéos. Pour lui, c’est un passage obligé, « l’anglais, c’est la langue du monde, il faut le parler. »

Son terrain de prédilection ? Le sport. Fan de l’Olympique de Marseille, il a le bagou d’un fosséen. Aujourd’hui en première année d’étude en journalisme à l’université de Pristina, c’est une autre arène qui l’intéresse… la politique.

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Fjolla

Fjolla, « c’est un nom très commun au Kosovo mais je ne suis pas commune », s’amuse la jeune femme de 19 ans. C’est avec ce sourire candide qu’elle envisage son avenir : « Journaliste, c’est le métier de mes rêves. » Elle est en première année et commence à le toucher du doigt. Pour ça, elle travaille avec acharnement, dévore des piles d’ouvrages théoriques en anglais sur les techniques, la déontologie.

Elle est toujours branchée sur les médias internationaux. Pour elle, le journalisme est encore à construire au Kosovo, « nous avons beaucoup à apprendre des médias européens ». Un poil idéaliste, elle rêve son métier comme une vocation : « Le journalisme permet de se révéler à soi-même. »

Lila Lefebvre

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