Malgré un déficit commercial qui se détériore d’année en année, le Kosovo dispose de nombreux atouts pour tirer profit de sa proximité avec l’Union européenne et devenir une des bases arrières du commerce réalisé sur le Vieux Continent.

Le déficit du Kosovo a plus que doublé depuis 2006, pour atteindre 41% du PIB. L’année 2016 n’a pas marqué le pas puisque les exportations ont continué de diminuer quand les importations, elles, ont poursuivi leur hausse. Autant dire que le pays ne parvient pas à peser dans le commerce continental. Pourtant, les responsables politiques ont pris des mesures pour inverser la tendance. Avec la volonté de faire du pays une des usines de l’Europe.  

La jeune république kosovare se situe en périphérie de plusieurs zones économiques puissantes sans pour autant parvenir à en bénéficier. Elle est ainsi entourée par des membres de l’UE. Cette dernière forme la première zone commerciale du monde, avec plus de 510 millions d’habitants. L’autre poids lourd économique de la région est la Turquie. Mais à la fois proche et éloigné, le Kosovo a dû mettre en place des dispositifs très attractifs pour attirer les entreprises.

Un taux d’impôt sur les sociétés très bas

A l’instar de l’Irlande ou la Bulgarie, à la périphérie de l’Union, le Kosovo a drastiquement baissé son taux d’impôt sur les sociétés pour s’aligner sur les plus bas des pays européens. Avec un taux d’imposition fixé à 10%, des charges patronales à 5% et un salaire minimum qui oscille entre 130€ et 170€ selon l’âge des travailleurs, il est très avantageux d’investir dans ce petit pays.

 

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Ces mesures ont porté leurs fruits. Le Kosovo a vu son stock d’investissements directs étrangers (IDE) croître significativement depuis 2007. La Turquie, l’Allemagne et la Suisse sont sur le podium des investisseurs les plus importants. Sans doute venus chercher une main d’œuvre bon marché, ils trouvent également la population la plus jeune d’Europe. Au Kosovo, 50% de la population qui a moins de 30 ans.

Le fardeau administratif

Selon l’ambassadeur du Kosovo à Bruxelles, M. Bernard Nikaj, interviewé par Kosovox, cette jeunesse représente un des plus gros atouts pour attirer les investisseurs étrangers. D’autant que “la population est une des mieux formées de la région en termes de pratiques des langues étrangères, notamment en anglais, allemand et italien”, affirme-t-il.

Malgré les mesures attractives, le déficit commercial se creuse et de graves problèmes continuent d’effrayer les multinationales. L’accès à l’électricité et à des infrastructures de qualité constituent deux handicaps majeurs pour l’attractivité du pays. Les entreprises se plaignent de lourdeurs administratives, notamment dans l’obtention de permis de construire. Pourtant, sur ce point, M. Nikaj est formel : « Ces dernières années, nous avons fait d’énormes progrès pour améliorer l’environnement économique, en particulier en allégeant le fardeau administratif. » Si la diplomatie vante les atouts du pays, les résultats se font attendre et les fondements de l’économie du pays restent fragiles.

Pays ayant signé l’accord de libre échange centre-européen

Si le pays ne parvient pas à tirer profit de sa proximité avec l’UE, le Kosovo a intégré la zone d’influence du commerce régional. En 2006, il a rejoint le CEFTA, l’accord de libre-échange centre-européen, sorte d’antichambre du grand marché unique. Mais là encore, la production du pays ne trouve pas de débouchés dans ces pays, à l’image du commerce avec l’Albanie. Si le Kosovo est son deuxième client, il n’apparaît pas dans ses dix premiers fournisseurs.

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Florent Vairet

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