Une motion de censure votée par le Parlement kosovar a fait chuter le gouvernement de coalition d’Hashim Thaçi mercredi dernier. Point d’orgue d’une crise politique d’un an qui devrait prendre fin à l’issue des nouvelles élections législatives.

La date officielle n’a pas tardé à être annoncée par le président Hashim Thaçi : les législatives anticipées auront lieu le 11 juin prochain, après consultation des différents partis.

« Après la motion de censure d’hier et la démission du Parlement, j’ai rencontré les partis pour fixer la date des prochaines élections », précise le tweet du président Thaçi, publié le 11 mai dernier, peu de temps avant l’annonce.

Cette annonce fait suite à la chute du gouvernement, renversé par une motion de censure votée par le Parlement. Mercredi 10 mai, deux des principaux partis de la coalition au pouvoir, le Parti démocratique du Kosovo (PDK), parti du président Thaçi, et la Ligue démocratique (LDK) du Premier ministre Isa Mustafa se sont frontalement opposés sur la ratification d’un accord sur la démarcation de la frontière avec le Monténégro.

Le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008 et a ensuite conclu un accord pour délimiter une frontière avec son voisin monténégrin en août 2015. Mais celle-ci n’a jamais été précisément tracée sur le terrain. Cette ratification est pourtant une condition sine qua non posée par l’Union européenne pour dispenser les Kosovars de visas. La question est d’autant plus brûlante pour cette nation qu’elle aspire à moyen-terme, à devenir le 28e Etat membre de l’UE. Les élections retardent désormais l’examen de cette libéralisation.

L’insoluble question du Monténégro

Cette ratification d’un accord sur la frontière avec le Monténégro a sans cesse été repoussée par l’opposition (AAK) de l’ancien Premier ministre Ramush Haradinaj. D’autres partis, tels Vetevendosje, ont eux aussi marqué leur très grande hostilité à la délimitation claire de cette frontière,  jugée comme étant une « trahison ». Pour les plus farouches opposants, elle pourrait priver le Kosovo de plusieurs milliers d’hectares de terres, de pâturages et de montagnes. 

L’accord de démarcation devra être ratifié par le prochain Parlement même si certains officiels s’inquiètent du sort de la question avec les nouvelles élections. « Le travail entamé par l’UE avec les institutions kosovares ne doit pas s’arrêter à cause des élections à venir », a déclaré sur une télévision locale la représentante de l’UE à Pristina, Nataliya Apostolova.

Pour les analystes et les observateurs occidentaux, la décision du PDK d’accepter des élections anticipées peut aussi s’expliquer par la volonté d’être légitimé par un succès électoral dans la perspective de l’avancée des travaux du tribunal spécial mis en place pour juger les ex-chefs rebelles de l’armée du Kosovo (UCK) pour crimes de guerre. Parmi les inculpés potentiels, figure le nom du président Hashim Thaçi.

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Jonathan Dupriez avec AFP

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