Le pays possède des atouts touristiques naturels qu’il tente de valoriser, malgré le manque de moyens. L’objectif est d’atteindre jusqu’à 12% du PIB générés par ce secteur en 2020.

Le Kosovo, pays à peine plus grand que l’Île-de-France, dernier-né des Balkans, recèle des trésors culturels et historiques et de charmants paysages. Il peut donc espérer tirer profit de son tourisme. L’an dernier, le gouvernement a présenté un objectif plus qu’ambitieux  pour le secteur : générer de 10 à 12% du PIB d’ici à 2020. A l’heure actuelle, il ne pèse que 1,5% de la richesse produite par le pays.

Hysen Sogojeva, le chef du département tourisme du ministère du Commerce et de l’Industrie du Kosovo (MTI), reste cependant prudent : « Les objectifs ont été revus à la baisse, autour de 8% mais j’estime que si nous atteignons 6%, ce sera déjà exceptionnel. »

sponsable du département tourisme du ministère du Commerce et de l'Industrie. © Manon Gayet

Hysen Sogojeva, responsable du département tourisme du ministère du Commerce et de l’Industrie. © Manon Gayet

Depuis deux ans, le tourisme est intégré au plan de développement économique du gouvernement. Sur les 40 000€ de budget du ministère, un quart est d’ailleurs accordé au secteur. « Nous sommes 20 employés en tout au MTI, et quatre exclusivement dédiés au tourisme », explique Hysen Sogojeva. « Mais avec ce budget, on peut à peine assurer des campagnes de promotion. »

1,4 million de touristes en 2015

Les partenariats se multiplient pour pallier le manque de moyens. Avec la Kiesa d’abord, l’agence d’investissement du ministère, mais aussi avec des donateurs étrangers comme Swiss Contact et des ambassades, dont celle de France. L’Autriche participe à la formation des agents de voyages kosovars tandis que l’Union européenne forme les employés de l’office de statistiques du pays. Nationalité, nombre de nuits passées, villes visitées… Le but est de collecter efficacement des données sur les visiteurs du pays. Pristina, Pejë/Peć et Prizren restent les villes les plus visitées.

L'ancienne cathédrale Saint-Sauveur, depuis la bibliothèque de Pristina. © Manon Gayet

L’ancienne cathédrale Saint-Sauveur, vue depuis la bibliothèque de Pristina. © Manon Gayet

Si les chiffres sont aujourd’hui modestes, le potentiel est bel et bien là. Le pays a accueilli près d’1,4 million de touristes en 2015, soit presque autant que sa population (1,9 million) ! Le ratio est à l’avantage des touristes internationaux : 79 238 étrangers et 60 200 Kosovars visitant leur pays ou des expatriés de passage. Entre 2014 et 2015, le nombre de visiteurs au Kosovo a augmenté de près de 30%.

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Inciter les expatriés à revenir au pays

Le petit pays mise avant tout sur son importante diaspora – 40 000 rien qu’en France, 200 000 en Suisse. « Ils reviennent souvent en vacances pour voir leur famille. Notre but est de les inciter à rester plus longtemps, grâce à des infrastructures adéquates », détaille Hysen Sogojeva. Les étrangers sont aussi un atout pour le petit pays des Balkans. Les Allemands se classent numéro un avec, en moyenne, 7000 voyageurs par an au Kosovo. L’Autriche, les pays voisins et la Grande-Bretagne fournissent entre 2 500 et 4 000 touristes chaque année. Les touristes français environ 2 500.

Prizren et ses charmants restaurants au bord de la rivière Lumëbardhi. © Manon Gayet

Prizren et ses charmants restaurants au bord de la rivière Lumëbardhi. © Manon Gayet

« Nous avons de quoi séduire les Européens : notre pays est petit, on le parcourt facilement en quelques heures de voiture et la vie n’est pas chère. Enfin, nous avons des montagnes incroyables où l’on peut faire du ski l’hiver », énumère le patron du tourisme au ministère.

Le souhait de Hysen Sugojeva ? Créer une agence réceptive nationale. Autrement dit une structure capable d’organiser et de vendre des activités touristiques adaptées aux attentes des tour-opérateurs (TO) étrangers. Et ainsi faire du Kosovo la prochaine destination à la mode.

Les TO français s’aventurent peu à peu au Kosovo

Le petit pays des Balkans est encore méconnu en France. Pourtant, certains tour-opérateurs tricolores l’incluent déjà dans leurs brochures. C’est le cas du producteur breton Salaün Holidays qui propose un circuit entre l’Albanie et le Kosovo de 11 jours/10 nuits. Son nom ? « Le cœur des Balkans ». Tout un programme ! Des TO de niche proposent aussi le Kosovo, comme Rando Voyages ou Intermèdes Voyages. Toutefois, pas question ici de tourisme de masse, faute de capacités hôtelières suffisantes. Les visiteurs français s’aventurant au Kosovo sont d’ailleurs souvent des particuliers qui ont bâti eux-mêmes leur voyage. Notamment avec l’aide du Petit Futé, avec lequel travaille l’ambassade de France au Kosovo.

Manon Gayet

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