Lors des élections législatives organisées dimanche 11 juin, la coalition réunie autour du Parti démocratique du Kosovo a remporté plus d’un tiers des voix. Mais cette victoire entraîne le pays dans une période d’incertitude.

C’est donc le parti issu de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) et ses alliés qui terminent en tête des élections législatives. Selon le dernier décompte de la commission électorale, la « coalition des guerriers » remporte 33,98% des voix. « La victoire du Nouveau Départ [l’alliance menée par le Parti démocratique du Kosovo (PDK)] est une grande victoire pour le peuple du Kosovo et (…) pour toute notre république du Kosovo, sacrée », a estimé Kadri Veseli, le chef du PDK. Ce parti de centre-droit a été créé en 1999 comme pendant politique de l’UÇK. Ramush Haradinaj, le leader du mouvement, pourrait ainsi devenir Premier ministre.

Mais l’incertitude plane sur le Kosovo. D’abord parce que la coalition menée par le PDK est une alliance de circonstance. L’autre surprise de cette élection, c’est le score de Vetëvendosje – 27,12% des suffrages exprimés. Seul parti à ne pas avoir formé de coalition, il était donné troisième hier soir, derrière la Ligue démocratique du Kosovo (LDK). Ce dernier est considéré comme l’« ennemi » du PDK du président Hashim Thaçi.

Une future majorité déjà fragilisée

Créé en 2004, Vetëvendosje (« autodétermination » en albanais) est le successeur du Kosovo Action Network, une initiative citoyenne favorable à la démocratie directe. Le vice-président du parti est Shpend Ahmeti, le maire de la capitale Pristina depuis 2014. Parti de gauche nationaliste, Vetëvendosje refuse de négocier avec la Serbie.

Lire aussi  INTERVIEW - Didier Chabert : "La France n'a pas à jouer de rôle dans l'intégration du Kosovo"

La victoire de la coalition du PDK, parti historique du pays, paraît ainsi fragilisée par la montée du vote à gauche. Un succès d’autant plus précaire que le taux de participation a été faible – 41,5%, selon la commission électorale.

Enfin, la coalition de droite de la LDK, la Nouvelle Alliance pour le Kosovo et Alternative obtient 25,74%% des voix. Les minorités du pays élisent aussi leurs députés, à l’instar des Serbes. La liste menée par Srpska Lista a ainsi remporté 5,9% des suffrages. Un score qui devrait suffire à obtenir les dix sièges réservés à la minorité serbe au Parlement.

Redressement de l’économie du pays, lutte contre la corruption, relance des relations avec la Serbie… La nouvelle majorité aura en tout cas de nombreux défis à relever. Elle devra aussi faire face à la possible inculpation de certains dirigeants politiques par le Tribunal spécial chargé des crimes de guerre commis au Kosovo entre 1998 et 1999. L’actuel président Hashim Thaçi et Ramush Haradinaj sont ainsi cités comme possibles prévenus. La répartition des sièges au Parlement sera connue dans le courant de la semaine.

Manon Gayet

Comments

comments