À l’image de celle de ses voisins, l’électricité du Kosovo provient de deux centrales à charbon. Un mode de production à l’origine d’une très forte pollution de l’air. C’est l’un des soucis principaux des chercheurs du pays.


Dans les rues de Pristina, un air chargé vous saute à la gorge. Elle devient vite sèche et les yeux commencent à piquer. Le 1er janvier dernier, la pollution a atteint un pic record de 559 micro-grammes de particules fines par mètre cube d’air. En comparaison, à Paris, le pic de pollution est avéré à partir de 80 micro-grammes par mètre cube.

Cependant, à Pristina, la circulation n’est pas seule responsable de cette pollution. Beaucoup ici pointent du doigt les cheminées des centrales à charbon. Cette énergie fossile représente 95% de la production d’électricité du Kosovo. Un chiffre qui le place dans le top cinq mondial des pays dont la part de charbon est la plus importante dans la production d’électricité.

Le travail de toute une vie

Dans les années 1970, alors que l’écologie peine à s’installer dans le débat politique, Nexhat Daci, chimiste, ancien président de l’académie des Arts et des Sciences du Kosovo, consacre ses recherches à des solutions pour préserver l’eau et l’air des métaux lourds. Une pollution qui touche tout le monde ici : « Le Kosovo produit deux millions de tonnes de cendres de charbon par an », explique-t-il.

Dernier projet en date… Une membrane en cellulose qui filtre les particules polluantes présentes dans l’eau. « Un projet encore à l’état de recherche, faute de financements suffisants », déplore ce chimiste reconnu au niveau international.

« La grande spécialité de l’Université de Pristina est la science environnementale. »

Agim Gashi, biologiste et vice-doyen de la faculté de sciences de l’Université de Pristina, en a fait une priorité : « La grande spécialité de l’Université de Pristina est la science environnementale. Beaucoup d’étudiants s’y consacrent, notamment des étudiants étrangers qui viennent au Kosovo pour cette spécialisation ».

Les biologistes de l’université sont également à l’origine d’un rapport national sur la pollution dans le pays. « Nous attendons encore des réponses aux problèmes soulevés dans ce rapport », poursuit le biologiste.

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Malgré ces problèmes de pollution, le gouvernement ne compte pas mettre fin à l’exploitation des centrales à charbon. Il souhaiterait même prolonger l’existence de ces structures déjà vétustes (elles datent des années 1960), ou en construire une troisième. Une manière de profiter du trésor qui demeure dans le sol kosovar… 15 milliards de tonnes de charbon encore inexploités.

Marc Van Torhoudt et Lila Lefebvre

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