Les Kosovars doivent obligatoirement obtenir un visa pour voyager sur le territoire européen. La Commission européenne avait pourtant proposé une exemption de cette procédure, mesure restée lettre morte…

C’était il y a un an. Dans l’allégresse générale, la Commission européenne proposait enfin l’exonération des visas pour les citoyens kosovars désireux de voyager sur le territoire de l’Union européenne. Le commissaire européen chargé de la Migration et des Affaires intérieures, Dimítris Avramópoulos, affirmait alors que le Kosovo remplissait toutes les conditions pour accéder à cette simplification de procédure. Un soulagement important pour le pays, dernier représentant des Balkans occidentaux à ne pas déjà en profiter, et qui souhaite devenir l’un des pays fournisseurs de l’Union européenne.

Afin de pouvoir enfin rejoindre le cercle des heureux élus, le Kosovo devait cependant respecter plusieurs obligations :  renforcer la lutte contre la criminalité organisée et la corruption, et, surtout, ratifier un accord sur la délimitation de sa frontière avec le Monténégro. Un démêlé qui fait grincer des dents au sein du pays. Les contestations sont telles que l’Assemblée du Kosovo, craignant une majorité trop étriquée, n’a jamais voté l’accord trouvé avec le voisin monténégrin en septembre 2015. Le vote parlementaire est pourtant nécessaire pour la ratification de l’accord, qui prévoit notamment l’abandon de plus de 8 000 hectares de territoire, au grand dam des kosovars.

De plus en plus de refus de visas

Un an après, force est de constater que la situation n’a guère évolué et que l’enthousiasme est retombé. D’après nos confrères de La Croix, les citoyens forment toujours de longues files d’attente devant les ambassades de Pristina, dans l’espoir de décrocher le précieux sésame. Et celui-ci est loin de concerner uniquement les voyages touristiques : voyages d’affaire, conférences, raisons médicales, tous nécessitent un visa de plus en plus difficile à décrocher. Un comble pour un pays profondément europhile : le Kosovo est le seul Etat européen à avoir instauré un jour férié le 9 mai pour la journée de l’Europe.

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Dans un communiqué publié fin avril, Dimitris Avramopoulos et Isa Mustafa, le Premier ministre kosovar, se contentent laconiquement de souligner les progrès réalisés par le Kosovo. Le commissaire européen enjoignant à l’Assemblée d’enfin voter l’accord avec le Monténégro. Depuis, dans un contexte d’incertitude politique profonde, le Parlement kosovar a fait tomber le gouvernement et des élections législatives anticipées doivent se tenir le 11 juin prochain, laissant peut-être entrevoir une sortie de crise. D’ici là, les Kosovars souhaitant voyager librement au sein de l’Union européenne devront encore patienter.

Raphaël Marchal

 

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