Le séjour de la Kosoteam au Kosovo, c’est terminé depuis près d’une semaine… Rien que pour le plaisir, petit retour en arrière sur les temps forts de ces dix jours !

La rencontre avec Kosovo 2.0

« Le projet de Kosovo 2.0 est motivant pour de jeunes journalistes. Lorsque l’équipe de ce média né en 2010 s’est lancée, leurs travaux prenaient alors la forme d’un blog. Aujourd’hui, Kosovo 2.0 publie des hors-séries qui prennent la forme d’un magazine ambitieux sur le fond et sur la forme.

Jack Butcher de Kosovo 2.0. © Anaïs Recouly

Autour d’une table, Jack Butcher nous a raconté comment il s’est laissé emporter par ce mouvement. Ce Britannique pensait ne rester au Kosovo que pour quelques mois. Cela fait maintenant plus de deux ans qu’il est là. Il nous a confié comment cette aventure journalistique l’a pris au corps.

Au Kosovo, la rédaction de ce média s’évertue à à éclaircir chaque événement à la lumière de l’histoire du pays. Du “slow journalism”, un journalisme qui prend le temps de comprendre, d’expliquer. Kosovo 2.0 nous a rappelé à nous, jeunes journalistes, que partout, il y a une place pour une autre forme de journalisme. »

Sofian Aissaoui

Le village rom à Mitrovica

« 15 jours et UNE rencontre. Celle de ces enfants de Roma Mahala, à Mitrovica. Il a d’abord fallu vaincre leur timidité. Puis la curiosité des gamins l’a emporté. Ils m’ont approchée. M’ont demandé mon prénom dans une langue que je ne maîtrisais pas.

Nous avons communiqué par des gestes et des sourires. Les jeunes filles, surtout, m’ont encerclée. Mes lunettes, mes bijoux, ma montre. Tout les intriguait. Elles ont dansé et chanté devant moi.

Des enfants roms, à Mitrovica. © Florie Castaingts

Elles continuaient à me parler, persuadées que je les comprenais. Notre ‘conversation’ s’est terminée par des photos et des éclats de rire. »

Florie Castaingts

Le baptême du foot

« Certes, ça ressemblait à un match de Ligue 2, voire pire. Mais assister à la première d’un club kosovar en Ligue des Champions, dans la ville qui symbolise le plus les fragilités du pays… Ça restera gravé.

Pour l’occasion, le KF Trepça 89 nous a ouvert la porte en grand, et nous avons pu couvrir le match avec une liberté à faire pâlir Grégoire Margotton.

La présentation des équipes lors du match de Ligue des Champions. © Thomas Schnell

Je retiens aussi l’encadrement, le service de sécurité, les journalistes locaux, tous très heureux de voir des Français s’intéresser au foot kosovar et à ce moment très particulier pour eux. »

Basile Dekonink

La nourriture végétarienne bonne et pas chère

« Calvaire que d’être végétarien en ce monde ! Du végé dans les Balkans, je n’y croyais pas beaucoup en arrivant au Kosovo. Si la culture très ‘viandarde’ de la région est omniprésente sur les marchés et dans les échoppes de Pristina, la ville est en fait un petit bijou de gastronomie veggie.

Les sandwiches nappés de piment et garnis de crudités, de fromages de brebis sont délicieux. Comptez entre 0,80€ et 1,5€ pour un sandwich version XXL (vraiment). Sans parler du pain plat, moelleux à souhait et toujours frais, que servent les restaurants, si modestes soient-ils.

Un sandwich frais pour 1€ ! © Jonathan Dupriez

Coup de coeur pour Baba Ganoush, un restaurant de mezze méditerranéens à tomber, Soma Books, adresse “fancy” ou encore Tiffany. Petit regret, ne pas avoir goûté le burger végétarien de Dit e Nat, une autre adresse raffinée de la capitale kosovare. »

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Jonathan Dupriez

A la rencontre des Goranis

« Partir sans savoir précisément où on va, ni exactement sur qui on va tomber… décidément, l’aventure, c’est l’aventure.  Lila et moi avons joué les reporters spontanées et sans peur, aux confins du Kosovo. Avec juste un sourire et un couteau, direction Dragash, petite ville à l’extrême sud Kosovo, nous allons rencontrer ‘le peuple Gorani’.

Gwendolina et Lila avec deux Goranis. © Gwendolina Duval

Dans la navette qui fonce sur l’unique route de montagne, les deux petites « French girls » parlent et rient fort. Sans surprise, nous sommes assez vite repérées sur la place de Dragash.

Bonne étoile. Nous n’aurions pas pu imaginer un plus beau scénario. La rencontre d’Ekran Bajrami autour de ce kiosque à cigarettes, et de son collègue d’Avoko, au milieu du pays de Gora était simplement magique. »

Gwendolina Duval

La visite du centre historique de Prizren

« Après cinq jours de dur labeur, j’ai effectué un petit retour à mes premières amours, le tourisme ! Et, à la clé, un article sur les 5 lieux incontournables à visiter à Prizren, à lire sur Kosovox.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la visite a été épique ! 40°C au thermomètre et une belle insolation en prime, qui m’a clouée au lit toute une journée… Mais ça en valait la peine ! Une vue à couper le souffle depuis la forteresse Kalaja, des ruelles charmantes, la rivière Lumëbardhi omniprésente…

Vue sur une église orthodoxe à Prizren. © Manon Gayet

Sans compter des restaurants au bord de l’eau tous plus mignons les uns que les autres. Et les grillons m’ont donné l’impression d’être quelque part dans le sud de la France ! Une escapade incontournable pour quiconque fait un détour par le Kosovo… »

Manon Gayet

Une jeune Kosovare rencontre un Serbe pour la première fois

« Deux jours après l’arrivée, Kosovox se plonge dans l’une des problématiques les plus compliquées du pays : la cohabitation albano-serbe au Kosovo.

Le reportage se goupille très bien, comme à chaque fois dans ce pays, où tout semble facile. Une jeune fille de l’université de Pristina, nous accompagne à Gracanica, une enclave serbe à côté de la capitale. L’étudiante de 20 ans rencontre pour la première fois des Serbes.

Valbona Bytyqi est une jeune étudiante de l'université de Pristina. © Florent Vairet

Valbona Bytyqi est une jeune étudiante de l’université de Pristina. © Florent Vairet

Alors que nous nous trouvons dans le monastère orthodoxe de la ville, classé au patrimoine de l’Unesco, une discussion entre la jeune fille commence avec le guide serbe.

Au fur et à mesure de l’échange, le sujet de la guerre arrive. Le guide, auparavant très calme, s’énerve et incriminent les Albanais d’atrocités durant le conflit, sans nuance.

Le visage de la Kosovare se liquéfia. C’était la première fois qu’elle entendait le récit de la guerre, racontée par un Serbe. »

Alice Lefebvre

Les larmes d’une Serbe qui a tout perdu en 2004

« ‘Pour vous que représente Notre-Dame de Paris ? Et bien pour nous les Serbes du Kosovo, ce cimetière c’est la même chose…’ Les larmes de Vanja devant les tombes ravagées de ses ‘anciens’, au cimetière serbe situé dans la partie albanaise de Mitrovica, m’ont marquée à jamais. C’est le plus vieux cimetière serbe orthodoxe du pays, tout un symbole pour la communauté.

Une tombe du cimetière orthodoxe serbe. © Lila Lefebvre

En 2004, il a été saccagé par des nationalistes albanais. Depuis, Vanja, qui vient de Zvecan, la deuxième plus grosse ville serbe du nord du Kosovo, y retourne rarement, et toujours sous protection policière. Les mauvaises herbes ont fait leur chemin au milieu des stèles brisées. Mais impossible de venir reconstruire les tombes, les Serbes ont trop peur de revenir ici. »

Lila Lefebvre

La visite de la RTK, la radio-télévision kosovare

« Autant l’avouer tout de suite, notre groupe ne s’est pas distingué par sa maturité lors de cette visite. Lâcher une dizaine de jeunes journalistes en quête de distractions dans des studios de télévision, tout cela n’était pas bien raisonnable… La Radio télévision kosovare (RTK) s’en souviendra.

Un plan de Manon filmé par une caméra de reportage de la station pourra leur servir de rappel. Mais le directeur de la RTK n’a pas perdu sa journée : ce matin-là, une star est née. “Naten me Jonathan Dupriez” deviendra sans aucun doute le prochain “Late show” à la mode chez les ménagères de moins de 50 ans. »

Hugo Lemonier

Les montagnes de Rugova

« Le moment où nous avons émergé d’un chemin qui serpentait dans une forêt parsemée de puits de lumière. Perdus dans les montagnes de Rugova, nous désespérions de tomber sur un lac à l’issue d’une heure de montée interrompue par des ondées passagères.

Lila dans les montagnes Rugova. © Raphaël Marchal

Nous n’avons jamais trouvé le lac, mais nous nous sommes retrouvés sur un promontoire rocheux qui offrait une vue dégagée. Les frisottis de Lila, perdue dans un champ de fleurs montagneuses, reste l’une des éclaircies du séjour. »

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Raphaël Marchal

Une dernière balade dans Pristina

« Le lundi soir (le 3 juillet 2017, ndlr), on se baladait avec Sophie. En même temps qu’on marchait, on s’est mises à discuter. On en a perdu la notion du temps. La nuit était en train de doucement tomber sur Pristina. Le ciel était rose. Seul le minaret qui surplombe le marché transperçait le ciel.

Coucher de soleil sur Pristina. © Anaïs Recouly

Sous les toiles tendues, les derniers vendeurs rangeaient leurs marchandises. Quelques chats errants passaient ça et là. Je me suis arrêtée prendre une photo, mais rien ne vaut l’atmosphère qui régnait à ce moment. La ville était momentanément calme. Elle allait bientôt être rattrapée par le bruit et la musique qui enivrent les soirées de la capitale kosovare. »

Anaïs Recouly

Une escapade aux frontières du Monténégro

« Au sommet de la montagne de la Rugova, au bout d’un chemin caillouteux et raviné, se trouve la frontière avec le Monténégro. La démarcation est matérialisée par trois pierres pyramidales. Quatre douaniers viennent à notre rencontre et contrôlent nos papiers.

A la frontière entre Kosovo et Monténégro. © Thomas Schnell

La discussion s’engage. Les policiers s’adressent en Serbe à notre guide, lui-même traduit en albanais à notre interprète. Et elle, qui nous relate les propos en anglais. Enfin, nous en discutons entre nous en français. Le souvenir de cette scène restera. »

Thomas Schnell

La maison de Zeqir Halili

« Après trois heures de voiture sur une route escarpée, après avoir passé plusieurs épingles vertigineuses, nous arrivons en haut de la montagne, la dernière avant la frontière avec le Monténégro. A la recherche de témoignages sur l’histoire de cette frontière sans cesse disputée, nous tapons à la porte de la maison de Zequir Halili, le plus vieil homme du village.

Zeqir Halilil et sa femme. © Florent Vairet

Nous avons peur de le déranger mais c’est bien mal connaître l’hospitalité caractéristique de la région de Rugova. A peine comprend-il que nous cherchons des informations sur sa région que le visage de l’homme s’illumine. La porte de sa maison s’ouvre en grand pour nous laisser rentrer. Sa femme, discrète, s’affaire en coulisse pour nous recevoir comme l’exige la tradition.

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Nous voilà dans cette grande pièce, sombre, assis sur des canapés recouverts de tissus locaux. Dans l’exaltation, l’homme se perd dans ses souvenirs. Nous craignons ne pas avoir tapé à la bonne porte. Soudain, l’homme sort une mallette. A l’intérieur, 20 ans d’articles découpés traitant du conflit frontalier. »

Florent Vairet

La rencontre avec Majlinda Kelmendi

« Déjà rencontrer une championne olympique c’est ouf, c’est vraiment le truc ultime en sport, le top du top. Mais l’importance de ce que ce titre-là en particulier, le premier de l’histoire du Kosovo, qui donne de l’espoir à tout le pays, c’est encore plus spécial.

Découvrir ses conditions d’entraînement, un dojo pas mieux aménagé que celui de chez moi, en groupe, alors que ses concurrentes avaient dix fois plus de moyens, ça permet de se rendre compte de l’ampleur de la perf. Pouvoir suivre l’entraînement, la rigueur, la concentration, la répétition des gestes, c’était impressionnant.

Enfin, la sympathie de Majlinda et de son entraîneur, qui nous ont permis de suivre tout cela, et voir Florie se faire retourner, pour toute la souffrance qu’elle nous a infligée en tant que red chef adjointe, c’était vraiment parfait ! »

Marc van Torhoudt

La centrale à charbon d’Obiliq/Obilić

« Après plusieurs jours passés à Pristina, j’avais envie de changer d’air. Et quel air ! Nous nous sommes rendus avec Sofian et Anaïs à Obiliq/Obilić, à quelques kilomètres de la capitale. La ville a une caractéristique : elle possède deux centrales à charbon qui produisent près de 95% de l’électricité du pays !

L’une des deux centrales d’Obiliq. © Sophie Vincelot

Le paysage est presque lunaire entre des maisons en mauvais état et des commerces à moitié vides. Obiliq/Obilić pourrait être un décor de cinéma tant le paysage est saisissant. Mais ce que j’ai le plus retenu, c’est ce bourdonnement incessant. Difficile d’imaginer le quotidien des habitants de cette bourgade. Un autre monde à 15 minutes de la capitale. »

Sophie Vincelot

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