Le président du Kosovo se dit prêt à répondre « à tout moment » au tribunal international chargé d’étudier les crimes de guerre commis pendant le conflit entre 1998 et 1999 par l' »armée de libération », l’UÇK, dont il était l’ancien chef politique.

« A n’importe quelle heure, dans n’importe quelles circonstances, à tout moment, avec tous mes moyens », a répondu Hashim Thaçi à l’AFP. Le président du Kosovo estime qu’en matière de collaboration avec la justice, « le Kosovo a toujours été exemplaire. »

A quelques jours du dixième anniversaire de la déclaration d’indépendance du Kosovo de la Serbie (le 17 février, ndlr), le président a tenu à faire part de sa bonne volonté envers le tribunal international qu’il qualifie cependant d’ « injuste ». Il a ajouté accepter de se soumettre à la demande des enquêteurs s’ils jugeaient bon de l’interroger.

De droit kosovar mais installée à La Haye, notamment pour garantir la protection des témoins, la cour se fonde sur le rapport de Dick Marty, qui accuse les anciens chefs de l’UÇK d’avoir commis des crimes contre des Roms, des Serbes ou encore des responsables politiques du Kosovo.

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« Je suis très fier de mon rôle lors de la guerre menée par l’UÇK pour la libération et l’indépendance du pays », a ainsi exprimé Hashim Thaçi. Le président affirme ne posséder aucune information sur les éventuelles inculpations, tout en regrettant que ce processus soit « personnalisé ».

« Une injustice historique »

« C’est la première fois dans l’histoire, qu’un tribunal poursuivra les membres d’un seul groupe ethnique » a ajouté le Président, pointant du doigt « une injustice historique », à savoir la mise en accusation des seuls Kosovars dans ces crimes et non pas des Serbes. Il invoque une légitime défense : « Le Kosovo n’a attaqué personne. Il ne faisait que se défendre contre le génocide de Slobodan Milosevic (le président serbe de l’époque, ndlr). »

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Une partie des députés kosovars souhaite remettre en cause cette cour internationale. En se mettant à la disposition de la justice, le président Hashim Thaçi tente de rassurer les organisations internationales qui ont dernièrement mis en garde le gouvernement. « Le Kosovo respectera toutes ses obligations internationales », a-t-il déclaré. « Sous aucun prétexte, nous ne permettrons que quoi que ce soit fasse dérailler le partenariat du Kosovo avec l’Occident.»

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Le conflit au Kosovo a fait plus de 13 000 morts, dont plus de 11 000 Kosovars albanais et plus de 2 000 Serbes.

Florie CASTAINGTS (avec AFP)

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