Kosovox a été reçu jeudi 15 juin par Qëndrim Gashi, l’ambassadeur du Kosovo en France. Reconnaissance de l’Etat, intégration à l’Union européenne, relations tendues avec la Serbie… Le diplomate a passé en revue l’actualité de son pays.

A 33 ans, Qëndrim Gashi, l’ambassadeur du Kosovo en France, se présente comme un homme issu de la société civile. Mathématicien de formation, il a étudié à l’université de Cambridge avant de diriger l’Alliance française. Après un an passé à l’ambassade rue Monceau à Paris, il livre à Kosovox son retour d’expérience en tant que représentant de son pays en France.

Qëndrim Gashi, ambassadeur du Kosovo, lors de sa rencontre avec François Hollande

    • Le rôle de la France

L’ambassade s’occupe de trois pôles : la sécurité, les échanges économiques et la culture. La particularité d’être un diplomate en France ? Une relation étroite entre les deux pays, nous explique Qëndrim Gashi. Car la France a tenu une place primordiale dans l’histoire du Kosovo. En 1999, 8 000 militaires français sont intervenus dans le pays pour le libérer de la présence de l’armée serbe.

Un rôle toujours déterminant, selon Qëndrim Gashi. La France occupe en effet un siège au Conseil de sécurité de l’OTAN. L’Hexagone a ainsi été un soutien de poids pour la reconnaissance du Kosovo, mais aussi pour l’intégration du pays à l’Union européenne.

« La reconnaissance du Kosovo en tant qu’État souverain, c’est une question de temps. »

  • La reconnaissance du Kosovo

Ils sont cinq Etats-membres de l’Union européenne à ne pas reconnaître l’indépendance du Kosovo. Il s’agit de Chypre, la Grèce, la Roumanie, la Slovaquie et l’Espagne. Pour ce dernier pays, la volonté indépendantiste de la Catalogne joue un rôle déterminant dans ce refus du royaume à reconnaître le pays des Balkans.

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Une position qui ne tient pas, d’après Qëndrim Gashi. Car si certains voisins européens n’approuvent pas l’indépendance du Kosovo, ils ne sont pas forcément défavorables à son intégration au sein de l’Union européenne. En 2008, la Commission européenne a admis le Kosovo comme candidat potentiel… alors même qu’il ne s’est jamais présenté comme candidat officiel ! Pour l’ambassadeur, “la reconnaissance du Kosovo en tant qu’État souverain, c’est une question de temps.

  • Les élections législatives

La bonne tenue des élections législatives kosovares de dimanche dernier a été saluée par l’Union européenne comme gage de démocratie. Un argument de plus pour la candidature au sein du continent européen.

  • « C’est un jour toujours très spécial pour les Kosovars qui, juste 20 ans avant, n’avaient pas eu le droit de participer aux élections libres”

  • Les relations tendues avec la Serbie

La volonté d’intégration au sein de l’UE est pourtant contestée par « le voisin du Nord », la Serbie. Malgré des accords de normalisation passés en 2013 entre Belgrade et Pristina, les relations restent tendues. Deux épisodes récents ont accentué la détérioration du dialogue diplomatique. En janvier dernier, un train venu de Serbie est forcé de s’arrêter à la frontière kosovare, au nord de Mitrovica. Sur l’engin, trônait une inscription écrite en plusieurs langues, dont l’albanais : « le Kosovo est serbe. »

« On ne peut pas tolérer des actes qui ont essayé de déstabiliser le Kosovo et qui vont contre l’esprit de la coopération européenne. »

Dernier incident en date : la demande d’extradition par la Serbie de l’ancien Premier ministre kosovar Ramush Hardinaj, soupçonné de crimes de guerre à l’encontre de la population serbe. Lors de cet événement survenu en mai dernier, la Serbie a rappelé son ambassadeur en France.

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L’ambassadeur ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit d’évoquer la position de l’ennemi serbe. Un Etat dont il tient pour seul responsable dans l’échec du dialogue entre les deux pays : « C’était l’idée de notre voisin du Nord de faire un clivage entre le Kosovo et ses amis. »

Florie CASTAINGTS et Jonathan DUPRIEZ

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