Cela faisait près de six mois que les dirigeants des deux pays ne s’étaient pas rencontrés. Ce matin, en marge du sommet dédié au processus de coopération pour l’Europe du Sud-Est organisé à Dubrovnik (Croatie), le président kosovar Hashim Thaçi et son homologue serbe, Aleksandar Vučić, ont annoncé la reprise des discussions.

Hashim Thaçi, président de la République du Kosovo, et Aleksandar Vučić, président de la République de Serbie, côte à côte. Une image que l’on n’avait pas vue depuis six mois, en raison des échéances électorales dans les deux pays. Le sommet SEECP (South-East European Cooperation Process) a été l’occasion de ce rapprochement informel, facilité par la Haute Commissaire pour l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.

La reprise des discussions

Le principal message qu’ont voulu porter les deux dirigeants est celui de la reprise des discussions entre leurs deux pays. Hashim Thaçi et Aleksandar Vučic ont annoncé vouloir créer des groupes de travail pour préparer un sommet plus officiel. Le président kosovar a estimé que ce dialogue renoué avait pour « but d’assurer la paix pour les enfants du Kosovo ».

Au cœur de ces nouvelles discussions, la mise en place des accords conclus avant la rupture du dialogue il y a six mois. Parmi eux, notamment, une partie des accords de Bruxelles, signés à partir de 2013, qui portent sur différents sujets comme l’organisation de la justice au Kosovo ou encore l’énergie.

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L’importance de l’Union européenne

Au terme de cet échange, Federica Mogherini s’est félicitée de la reprise des négociations. Elle a également souligné l’engagement de l’Union européenne dans la perspective d’une intégration à l’Europe de la région de l’ouest des Balkans.

« Un accord a été trouvé entre A. Vučić et H. Thaçi pour démarrer une nouvelle phase de dialogue entre Belgrade et Pristina » (Federica Mogherini)

La rapidité de la reprise de ces négociations, immédiatement après les élections parlementaires au Kosovo et présidentielle en Serbie est un bon signe pour l’avenir.

Menaces sur les négociations

Cependant, des menaces pèsent toujours sur la bonne entente entre les deux États. Au Kosovo, les dernières élections parlementaires ont fragilisé le président Hashim Thaçi, chargé des négociations. Le parti de gauche nationaliste albanais, Vetëvendosje! (Auto-détermination!), a décroché la seconde place, avec 32 sièges au Parlement. Ses membres voient d’un mauvais oeil les tractations menées avec la Serbie.

En Serbie, le nouveau président de la République Aleksandar Vučić, élu le 31 mai dernier, est un membre du SNS, le Parti Progressiste Serbe, conservateur et nationaliste. Dans les statuts officiels de l’organisation est inscrite la volonté d’intégrer l’Union européenne tout en maintenant le Kosovo dans le territoire serbe. Mais, paradoxalement, la mise en place des accords de Bruxelles reste l’une des conditions indispensables pour que le pays puisse rejoindre l’Union européenne. Aleksandar Vučić lui-même, alors premier ministre serbe, avait participé à leur signature.

Marc van Torhoudt

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