Au premier abord, la jeune république kosovare affiche une bonne santé économique. La croissance est soutenue et régulière depuis la fin de la guerre en juin 1999 et les bons chiffres de ses comptes publics feraient pâlir certains pays du sud de l’Europe. Mais si l’économie kosovare réalise de meilleurs résultats que ses voisins européens sur bien des aspects, elle subit encore de lourds problèmes structurels, qui peinent à se résorber.

Les +

Le pays affiche des finances rigoureusement maîtrisées. En juillet dernier, le Kosovo a conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) : le pays se dote d’une loi de stabilité financière stricte en échange d’une aide de 185 millions d’euros de la part de l’institution internationale. Ainsi, le déficit budgétaire est limité à 2% du PIB et la dette à 40% du PIB.

 


Sur le plan de la croissance, le Kosovo réalise de bons chiffres. Le pays tire profit de la reprise mondiale et sa croissance est supérieure à 2,6% depuis la fin de la guerre, à l’exception de l’année 2014.

 

Le pays semble donc sur la bonne voie, d’autant que le taux de chômage a chuté de 7% entre 2015 et 2016. Les chiffres officiels sont néanmoins loin de représenter la réalité économique du territoire. Jeunesse oblige, les pouvoirs de contrôle de l’Etat restent encore limités. De fait, l’économie informelle est pour de nombreuses familles la solution alternative. On estime que cela représenterait au moins un tiers du PIB du pays.

Les –

L’économie du pays dépend encore trop de l’extérieur. En effet, ces dernières années, le taux de croissance s’est avéré erratique, sujet aux atermoiements des investissements régionaux. Surtout, la croissance du Kosovo repose en grande partie sur les transferts financiers de la diaspora. Ces mouvements d’argent venus de l’étranger représentent 10% du PIB, selon le FMI. Si ces fonds sont vitaux pour certaines familles, ils expliquent aussi en partie le taux de chômage endémique du pays.

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Enfin, la répartition du PIB dans l’économie montre que le pays n’a pas terminé la transition de son modèle économique. L’agriculture génère encore 14% du PIB alors qu’elle est bien inférieure à 5% dans tous les pays développés. L’outil productif des agriculteurs devrait être modernisé dans les prochaines années.

 

Si le Kosovo n’est pas officiellement candidat pour devenir membre de l’Union européenne, le pays est depuis plusieurs années associé à des programmes européens en vue d’une candidature officielle. Soucieuse de la convergence de ses Etats membres dans de nombreux domaines, l’UE ne soumet pas seulement l’adhésion d’un membre à des critères relatifs à la stabilité politique ou le respect des droits de l’homme. La qualité d’une candidature est aussi jugée à l’aune des résultats économiques. Sur ce dernier point, le Kosovo devra donc impérativement améliorer la levée de l’impôt en réduisant la part de l’économie parallèle.

Florent Vairet

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